Peut-on arrêter le vémurafénib en cas de réponse complète lors du traitement d’un mélanome métastatique ?
Depuis fin 2011, le vémurafénib (VMF) est indiqué en 1re ligne pour traitement des mélanomes métastatiques (MM) avec mutation BRAFV600. La durée du traitement n’est, pour l’instant, pas codifiée en cas d’obtention d’une réponse complète (RC). Le VMF a été arrêté chez 7 patients (pts) ayant un MM de...
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Published in | Annales de dermatologie et de vénéréologie Vol. 142; no. 12; p. S502 |
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Main Authors | , , , , , , |
Format | Journal Article |
Language | French |
Published |
Elsevier Masson SAS
01.12.2015
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Subjects | |
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Summary: | Depuis fin 2011, le vémurafénib (VMF) est indiqué en 1re ligne pour traitement des mélanomes métastatiques (MM) avec mutation BRAFV600. La durée du traitement n’est, pour l’instant, pas codifiée en cas d’obtention d’une réponse complète (RC).
Le VMF a été arrêté chez 7 patients (pts) ayant un MM de stade IV après obtention d’une RC. Nous avons étudié les caractéristiques des pts et de leur MM avant et après arrêt du VMF.
Cinq femmes et 2 hommes, d’âge moyen de 61,7ans (45–86ans), étaient traités par VMF (5 en 1re ligne, 1 en 2e, 1 en 7e) pour un MM de stade IV (6 M1a ; 1 M1c), avec mutation BRAF (6 V600E ; 1 V600K). Le délai moyen de l’obtention de la RC était de 6 mois (min 2–max 15). Ils étaient traités par VMF pendant, en moyenne, 21,7 mois (min 8,5–max 32,5). La durée moyenne de prise de VMF après RC était de 15,7 mois (min 6,5–max 27,5). Le VMF était arrêté à la demande du pt dans tous les cas après information sur un risque de rechute. À l’arrêt du VMF, seul 1 pt recevait le VMF à pleine dose et 6 pts à dose réduite (720 à 1440mg/j) pour toxicité. La durée moyenne du suivi après arrêt du VMF était de 12mois (min 4–max 20), avec surveillance clinico-radiologique tous les 2 mois pendant 6 mois puis tous les 3 mois. Cinq pts (71,4 %) n’ont pas présenté de rechute. Un pt (86ans) est décédé 15 mois après arrêt du VMF sans rechute. Deux pts ont rechuté : l’un 3 mois après arrêt du VMF, avec un stade M1a, a été traité par dabrafenib avec RC en 2 mois ; le second 8,5 mois après arrêt du VMF, avec un stade M1b, a été traité par chirurgie puis pembrolizumab avec réponse partielle.
Le VMF est un traitement efficace des MM avec mutation BRAFV600 avec un taux de réponse de 50 % et une survie moyenne de 16 mois. Une RC est obtenue dans 6 % des cas. Dans les études publiées, l’arrêt du VMF est indiqué en cas de progression ou d’effets secondaires graves. Il n’y a pas de données actuellement, en cas de RC, sur la durée optimale du traitement par VMF ni sur l’évolution en cas d’arrêt du VMF. Notre étude montre, avec un suivi moyen de 12 mois après arrêt du VMF, que la RC se maintient chez 71,4 % des pts. Cette RC a été obtenue chez des pts qui étaient en majorité de stade M1a et en dépit d’une réduction de dose du VMF pour toxicité. La maladie des 2 pts ayant eu une rechute a pu être à nouveau contrôlée à la reprise d’un traitement qui, dans 1 cas, était aussi un inhibiteur de BRAF. Notre étude est intéressante compte tenu, d’une part, de l’absence de donnée actuelle sur l’arrêt du VMF en cas de RC et, d’autre part, de nos résultats encourageants avec une majorité de pts se maintenant en RC après arrêt du VMF.
Le VMF permet d’obtenir des RC en cas de MM muté BRAF. Notre étude permet d’envisager l’arrêt du VMF en cas de RC après information du pt et avec surveillance rapprochée. La durée optimale du traitement par VMF après obtention d’une RC reste à préciser. |
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ISSN: | 0151-9638 |
DOI: | 10.1016/j.annder.2015.10.154 |